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Régulation Fintech au Cameroun : Libérer l'innovation ou l'étouffer ?

Par l'équipe éditoriale d'Akamasoft

📍 Introduction

L’écosystème des fintechs en Afrique est en pleine effervescence, avec des solutions innovantes conçues localement pour répondre à des besoins de paiements, d’épargne ou de crédit. Le Cameroun, avec sa jeunesse dynamique et son taux élevé de pénétration mobile, pourrait être un terreau fertile pour ces innovations.

Mais en mai 2025, le Ministère des Finances du Cameroun, dans un communiqué radio-presse daté du 05 mai 2025, a imposé à toutes les fintechs l’obligation de détenir un agrément d’Établissement de Paiement (EP), sous peine de sanction. Ce cadre, extrêmement exigeant sur le plan financier et administratif, risque de tuer dans l'œuf la majorité des initiatives locales.


📘 Ce que dit la régulation

L’obligation d’agrément s’appuie sur le Règlement n°01/20/CEMAC/UMAC/COBAC, en vigueur dans toute la zone CEMAC. Ce texte établit que toute entité offrant des services de paiement (wallet, paiement mobile, transfert, acceptation, etc.) doit être agréée comme Établissement de Paiement.

👉 Processus d’agrément : L’agrément est délivré par le Ministre des Finances, après avis favorable et conforme de la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale).

📋 Exigences principales :

  • Capital social libéré minimum : 500 millions FCFA
  • Caution financière ou garantie bancaire
  • Système de gestion des risques, conformité LCB-FT
  • Infrastructure sécurisée et audit de gouvernance

⚠️ Une barrière insurmontable pour la majorité des fintechs

En imposant ce cadre de manière uniforme, l’État crée une barrière d’entrée massive pour les jeunes pousses locales. En effet :

  • Peu de startups peuvent réunir 500 millions FCFA à leur création.
  • Aucun accompagnement institutionnel ou fonds de soutien spécifique n’est prévu.
  • Le secteur devient un terrain réservé aux grandes banques, multinationales ou opérateurs télécoms.

Le résultat est clair : au lieu de dynamiser l’écosystème, cette exigence risque de l’assécher en ne laissant vivre que les structures les plus puissantes.


🛑 Une contradiction flagrante avec le discours présidentiel

Le 11 février 2025, dans son traditionnel discours à la jeunesse, le Président Paul Biya appelait les jeunes Camerounais à s’engager dans l’entrepreneuriat et le numérique :

« Jeunes Camerounais, je vous exhorte à explorer des voies alternatives à l’emploi salarié, notamment grâce au numérique. »

Mais quelle est la valeur de ce message, si les jeunes qui innovent se retrouvent bloqués administrativement dès le départ ? Il est incohérent de promouvoir l’entrepreneuriat dans les discours, tout en exigeant des conditions financières inaccessibles dans la réalité. Ce fossé risque de briser l’élan de toute une génération.


🌍 L’Afrique anglophone montre la voie

Des pays comme le Nigéria, le Kenya ou le Ghana ont adopté des approches progressives :

  • Capital social accessible : Dès 20 000 à 50 000 USD selon les paliers.
  • Licences à plusieurs niveaux : Différenciation entre paiement, émission et acquisition.
  • Cadres réglementaires de type sandbox : Accompagnement étatique à l'innovation.

Résultat : un écosystème dynamique, des licornes fintech locales et des millions d’emplois créés.


🔧 Que peut faire le Cameroun ? Les pistes d'Akamasoft

Voici des pistes concrètes pour sortir de cette impasse :

  1. Créer une licence fintech légère : Capital minimal (10–100 millions FCFA) avec des exigences progressives selon le risque.
  2. Mettre en place un sandbox réglementaire : Permettre aux startups de tester leurs services légalement sur 12-24 mois.
  3. Autoriser l’adossement encadré : Permettre aux fintechs de s’associer légalement à une banque pour opérer en toute transparence.
  4. Mettre en place un fonds public d’amorçage fintech : Pour aider les projets sérieux à atteindre le niveau d’exigence requis.

🧩 Conclusion : Libérer l’innovation ou l’étouffer ?

Le Cameroun peut devenir un acteur majeur de l’innovation financière en Afrique centrale. Mais pour cela, il faut un cadre qui protège sans bloquer, qui encadre sans décourager. Le rappel réglementaire du 05 mai 2025 nécessite une adaptation locale pour ne pas briser l’élan entrepreneurial.

👉 L’innovation n’a pas besoin de laxisme, mais d’une régulation intelligente et inclusive.

Et vous, pensez-vous que le seuil de 500 millions FCFA est justifié pour une startup numérique ? Donnez-nous votre avis en commentaire !

Auteur: Mvondo bekey anael sixako

ceo | founder
COMPETENCES
  • • Maitrise des environnements Unix, Linux, Mac, Windows, IOS et Android
  • • Programmation Orientée Objet : Python, Ruby, C++, Java, PHP, Js
  • • Certifier linux Lpi (101, 102, 202, 203, 301, 303)
  • • Certifier Adwords Professional , Certifier Ceh (6, 7, 8, 9, 10, 11)
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